L'enfant de Noé

Publié le par cha-lecture-chocolat

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Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt

 

Résumé du livre :

" - Nous allons conclure un marché, veux-tu ? Toi, Joseph, tu feras semblant d'être chrétien, et moi je ferai semblant d'être juif. Ce sera notre secret, le plus grand des secrets. Toi et moi pourrions mourir de trahir ce secret. Juré ? - Juré. "

1942. Joseph a sept ans. Séparé de sa famille, il est recueilli par le père Pons, un homme simple et juste, qui ne se contente pas de sauver des vies. Mais que tente-t-il de préserver, tel Noé, dans ce monde menacé par un déluge de violence ?

Un court et bouleversant roman dans la lignée de Monsieur Ibrahim... et d'Oscar et la dame rose qui ont fait d'Eric-Emmanuel Schmitt l'un des romanciers français les plus lus dans le monde.

 

 

Mon avis :

Après La Part de l'autre, L'enfant de Noé est le deuxième roman d'Eric-Emmanuel Schmitt que j'ai le plaisir de découvrir.

 

Le petit Joseph, 7 ans, est issu d'une famille juive vivant à Bruxelles, en Belgique. Lorsque ses parents apprennent que les Nazis procèdent à des arrestations en masse, ils confient leur fils à un couple de nobles, qui eux-mêmes le mettront par la suite sous la protection du père Pons. Avec lui, Joseph doit apprendre à se comporter comme un chrétien, afin qu'on ne soupçonne pas ses origines. Joseph change de nom, d'âge et de religion. Il découvre, sans trop comprendre, la différence entre être chrétien et être juif. Mais le père Pons, soucieux de ne pas voir disparaître la culture juive qu'il trouve si riche, continue secrètement d'éduquer le petit Joseph dans sa religion d'origine.

 

Beaucoup plus court que La Part de l'autre (à peine 120 pages), L'enfant de Noé n'en est que plus intense. Alors que le premier nous parlait d'Hitler, le second nous parle de ses victimes : les Juifs.

A travers l'innocence de Joseph, le lecteur peut se recconaître sur au moins un point : l'incompréhension. Pourquoi ce massacre ? Pourquoi les Juifs ? Qu'ont-ils de si différent des chrétiens ?

A partir de cette incompréhension, je n'ai eu aucun mal à me mettre dans la peau d'un enfant, buvant les paroles du père Pons que je trouvais pleines de sagesse et de justesse, apprenant les différences entre les deux religions (je n'ai pas eu d'éducation religieuse, c'était donc une découverte intéressante pour moi) et laissant s'exprimer librement les émotions que m'a inspirées ce livre.

 

Avec des mots simples et une écriture fluide, Eric-Emmanuel Schmitt a encore réussi à me séduire. On entre facilement dans l'histoire, on se soumet à la réflexion que nous propose l'auteur, et on en ressort bouleversé, comme cela semble toujours être la cas avec les romans de Schmitt, même si pour ma part il est encore trop tôt pour l'affirmer.

 

Je précise que j'habite moi-même à Bruxelles, et que j'ai été particulièrement touchée de voir que l'histoire se passe en Belgique : rappelons que la Belgique était censée être un pays neutre, et que les Allemands n'ont pas respecté cette neutralité.

 

En conclusion, ce livre fut un gros coup de coeur. Il fait partie d'une saga intitulée Le Cycle de l'Invisible, que j'ai bien envie de découvrir jusqu'au bout.

 

Grâce à cette lecture, j'atteinds le score de 6/20 au Baby Challenge de Littérature contemporaine.

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